Thaï 11/18 : Un, dos, tres

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On dirait le sud…

24 Apr 2007

Un, dos, tres en audiobook

[audio http://universpodcast.com/contents/lesaventuresdethierry2/thaii-11-18-un-dos-tres.mp3]

Salut à tous.
A l’heure où je vous écris, nous sommes en plein
Songkran, la fête de la nouvelle année thaïlandaise. Sur le bateau qui me mène vers Koh Surin, paradis du snorkeling (ou exploration sous-marine très en surface) , il n’en parait rien car personne ne balance de l’eau sur personne… A quelques mètres de moi se trouve G, assise au bord du bateau et méditant au rythme des vagues. Cela fait maintenant 2 semaines que Team Belgium est dans le sud…

-Bruit de machine à remonter le temps que je vous laisse le soin d’imaginer-

3-2-1…

Vous n’allez pas me croire, mais j’ai enfin vu le ‘Grand Palace’. Il ne m’aura fallu que 4 visites à la cité des Anges pour que je voie enfin ce débordement d’or et de bouddhas. Ceci dit, vu mon état d’insolation le dimanche de mon départ, je n’en ai pas beaucoup profité. Surtout que je devais quitter la ville le soir même.

Notre bus a quitté Bangkok vers 8h. Après que la lumière s’est éteinte et qu’il m’était donc impossible d’écrire la suite de mes aventures, j’ai pu découvrir du cinéma thaïlandais diffusé sur la télé du bus. Mais pour ce que j’en ai vu, cinéma est un grand mot.

Vers 5h du matin, notre chauffeur est venu nous réveiller, G et moi, pour qu’on ait le temps de se préparer à sortir. Quelques minutes plus tard, les portes du bus s’ouvraient déjà. Complètement à la masse, nous avons essayé de rassembler nos affaires au plus vite. Je suis sorti du bus pendant qu’il se remettait déjà en route. Puis j’ai sorti nos sacs à dos du coffre. G est arrivé à ma rencontre en trombe et notre transport a disparu au loin.

J’étais persuadé qu’on nous avait droppés au milieu de nulle part, à des kilomètres de notre destination… Et j’étais enchanté. Mais non, Bao, notre nouveau coordinateur, nous attendait déjà de l’autre côté de la route.

Quand je découvre la maison dans laquelle je vais vivre, j’en tombe presque amoureux. Des posters de cinéma un peu partout… Une maison qui a une personnalité thaïe… Le projet s’appelle Wuntuetee. Il s’agit d’un centre d’apprentissage.

Nung song saam

(Pi)Jak

(pi)Jak, le fondateur

Le fondateur, l’imposant (pi*)Jak, a reçu une parcelle de terre importante de sa famille, qu’il utilise pour construire un centre énorme. Des dessins, accrochés dans la pièce principale, montrent l’ambition démesurée du projet. Pour l’instant, soyons sincères, on n’y est pas encore. Mais comme les volontaires se succèdent afin de rajouter, souvent littéralement, leurs pierres aux édifices et comme (pi)Jak a un énorme réseau de connexions, il n’est pas impossible que dans quelques années, la petite maison dans la prairie à côté de la station de bus devienne un magnifique papillon, si vous voyez ma métaphore… 

(Pi)Bao

(pi)Bao, l’homme à tout faire

Mais Jak n’est pas tout seul. Les deux autres membres du staff ont aussi leur rôle à jouer. (pi)Bao, ancien coordinateur de Greenway, est celui qu’on connaît le mieux, puisqu’il parle le mieux l’anglais des trois. Ce jeune homme de 26 ans est d’une grande gentillesse et attention. Grâce à lui, on est toujours au courant de tout. Ce qui est loin d’être une constante dans le travail d’un volontaire.

Il est difficile de décrire sa fonction, mais j’ai envie de dire qu’il fait tout. A ses côtés il y a (pi)Rot, la maman, comme ils l’appellent (+-26ans). Elle s’occupe de nos repas et sûrement d’autres choses parce qu’elle a souvent plein de trucs à dire. Ceci dit, ma connaissance de Thaï ne me permet pas de la comprendre. Elle est douce, gentille, rigolote, mais c’est aussi la plus réservée et je ne peux pas dire que je la connaisse. 

* »pi » est une marque de politesse qu’on accorde à nos aînés. Pour les prénoms de personnes plus jeunes que nous, on ajoute « nong » devant le nom

(Pi)Rot

(pi)Rot, la maman

Vier five six…

On n’était pas les seuls volontaires sur place. Il y avait aussi Julia, une Allemande d’une vingtaine d’années qui parle un Thaï impressionnant et qui passait dire bonjour à ses amis. Et puis deux supers Canadiens d’une année de plus que moi qui mettaient une très chouette ambiance dans le groupe. C’était des vrais backpackers et ils avaient plein de trucs à raconter. Et puis, pour finir, il y avait les enfants bien sûr. Ces petites têtes pas blondes sont un des principaux éléments sur lequel Wuntuetee est basé.

Ce projet est l’occasion pour eux d’apprendre plein de trucs, de rencontrer des étrangers et de s’amuser. Et nous, on peut apprendre le Thaï, par exemple, ainsi que le travail manuel. C’est un échange. 

G et les kids

G and the kids

1…

Ma première journée là fut l’une des meilleures du voyage.  C’est une de ces journées où je me suis senti vivre. Le travail de ce premier jour était, comme toujours, physique. Cette fois-là, on devait déplacer d’énormes rochers. C’était dur. Alors, on a interrompu le travail en se balançant sur le fin pneu au-dessus de la rivière (sans eau). J’ai découvert (et non appris) le tie-dye, une technique pour colorier des bouts de tissu… Quand soudain, la chaleur écrasante a laissé place à quelque chose que je n’avais pas vu depuis 2 mois: la pluie.

Venant de nulle part, la drache nous a instantanément trempés jusqu’aux os et c’était donc le moment de prendre une douche sous la gouttière, de jouer au volley, de sortir de grands panneaux sur lesquels on apposait du savon afin de se laisser glisser dessus, de prendre le pick-up, d’aller se baigner (vu qu’on était déjà trempés) dans la rivière, de se laver les cheveux avec une sorte de monsieur propre, de rejouer au volley et de se faire accueillir comme il se doit: chanson et éclaboussage intensif à l’appui. 

C’était clair que je me sentirais bien ce mois-ci.

Une journée type à Wuntuetee...

Un jour… Un fou-rire…

2, 3, 4….

Une journée type à Wuntuetee n’existe pas vraiment. Elle contient néanmoins toujours les éléments suivants: baignade dans la rivière, avec éventuellement dégustation de noodles dedans. Travail dans une chaleur intense. Le genre de chaleur qui donne l’impression d’avoir travaillé deux heures, alors qu’en fait, on en a travaillé qu’une seule. Du riz. La découverte de plein d’excellents mets avec Thierry (celui du blog) qui sort son mouchoir d’un geste théâtral lors du repas de midi et du soir parce que c’est toujours très piquant et qu’il en pleure. Moustiques et insectes. Vision d’un film. Voire plusieurs…

Parce que j’ai oublié de vous dire, (pi)Jak est un ancien directeur artistique de cinéma, il cultive donc une passion pour le septième art qui se traduit en une collection de dvds, une télé, et plein de vidéos cd’s en Thaï.  J’étais vraiment bien tombé…

Le numéro complémentaire

Reste à vous raconter comment est la maison. Parce que je vous dis que c’est génial, mais Deedee, l’Anglaise hystérique qui n’était pas ‘a nurse’ et que j’avais rencontrée à l’hôpital quand je m’étais fait opérer l’oreille, n’était pas du même avis. Et c’est en rentrant de la rivière un soir, qu’on a trouvé une jeune fille assez bouleversée devant la maison Wuntuetee. Connaissant Deedee, je me suis dirigé vers elle pour voir comment elle allait. « How is the project? », m’a-telle demandé au bord des larmes. Je lui ai dit d’une voix que je voulais rassurante que le projet était génial et j’ai brièvement expliqué ce qu’on faisait. Je pense qu’on a été interrompu. Mais je me souviens ensuite de son cri de détresse: « I cannot live in those conditions! »

Si les insectes, la douche thaïe, la toilette thaïe, le manque de confort, le tatami comme matelas et la maison d’un étage sans cuisine équipée sont des conditions difficiles, pourquoi est-ce que tu fais du volontariat, ma grande? Ce fut donc un record puisque Deedee n’est pas restée plus d’une heure dans cet univers sans plage, sans 7/11, sans Starbucks, sans jeans, sans Tesco’s et comme je suis tellement choqué, je vous conte le reste.

Devant la maison Wuntuetee, Princesse Deedee a rejeté tous ceux qui tentèrent de la réconforter et du geste de la dernière chance, elle a réussi à composer le numéro de son sauveur. Daddy. Sous nos yeux ébahis, elle lui a percé les tympans en lui racontant qu’on ne voulait pas d’elle (à ce moment-là, un mensonge énorme). Ca a fait exploser Bao dans une rage qu’on ne lui connaissait pas. Deedee avait dépassé les bornes. Heureusement, elle voulait partir sur-le-champ. Mais pas en bus, hein. Pour elle, seul un taxi suffisait. Et même quand Bao s’est calmé et qu’il a proposé de la conduire (si jme souviens bien) elle n’a rien voulu entendre. Le pire cas que Wuntuetee ait eu.

Mais donc moi j’aime bien la maison. Et plutôt que vous la décrire, je vous fais une petite visite guidée! Regardez plutôt!

Je m’arrête là parce que (pi)Jak a besoin de l’ordi. Sans doute pour le ‘Kids On 2 Wheels’ (je vous expliquerai) 

La fois prochaine: Reggae Island versus Koh-Surin… 
Portez-vous bien.  
Thierry

MAJ 2015: en bonus, plein de photos de WunTueTee ici et le lien du groupe Facebook  pour prendre contact pour votre prochain volontariat…? A noter qu’à mon avis, (pi)Bao et (pi)Rot ne font plus partie du projet… Fin, prenez contact quoi…

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