TUR BONUS: Le fin mot de l’histoire

J'ai remis le voyage en route...

J’ai remis le voyage en route…

01/06/2013

Le fin mot de l’histoire en audiobook

Anciennes têtes

Le texte original a disparu. En tout cas, je ne le trouve plus. Mais ce n’est pas une grande perte car, de l’ultime épisode de mes aventurcs, je n’avais écrit que quelques lignes à l’époque. Celles-ci racontaient que j’étais sur le Bosphore, dans une sorte de bateau d’excursion et que j’étais bien à ce moment précis. J’insiste là-dessus, car le reste du temps à Istanbul, ce n’était pas toujours le cas. C’est sans doute pour cela que je n’arrivais pas à écrire de texte. Ma sincérité légendaire aurait eu du mal à cacher l’état de déprime dans lequel je me trouvais.

Mais, je m’avance un peu trop. A Pammukale, j’ai passé du bon temps. J’ai assisté à un mariage turc. J’ai été rendre visite à la famille d’Ibrahim, le webmaster, avec une Allemande qui les connaissait déjà. Là, j’ai dû expliquer comment c’était possible que moi, petit ket de 23 ans, j’ai les moyens financiers de voyager à l’autre bout de l’Europe. Je me souviens d’ailleurs que je n’étais pas très à l’aise et que je balbutiais en expliquant ça. Même si j’avais payé ce voyage en économisant mon argent de poche et en travaillant à l’école des devoirs de mon kot à projet. Je suis aussi repassé voir Semi à Deha Radyo qui voulait aller à Istanbul pour devenir présentateur télé. (d’ailleurs, d’après ses publications Facebook, il semblerait que ça aille bien pour lui!) Et puis j’ai remis le voyage en route pour vivre se dernière étape: 5 jours à Istanbul.

Nouvelles têtes

Le plan était de vivre comme un vrai touriste pour cette apothéose du voyage. Au programme: me bourrer la gueule, dépenser beaucoup, voir les trucs célèbres, rencontrer d’autres voyageurs, sortir, danser, acheter des souvenirs…

Plan A

Plan A

Et pourtant, je n’ai rien fait de tout ça. D’une part, je devais être trop sur mes sous, d’autre part, j’avais trouvé le seul endroit possible pour échapper à toute cette modernité: la colocation de Bart. Bart ne s’appelait pas vraiment Bart, mais je trouve que ça lui va bien et j’ai oublié son nom Turc. Bart, donc, était photographe de presse pour le journal « Zaman » (« le temps » en français) et il faisait partie de la famille de Sehim, le vieux de Dyarbakir. Comme les autres turcs, il m’a réservé un accueil des plus agréables en payant ma première addition et il m’a fait rencontrer ses sympathiques colocs avec qui j’ai mangé des noisettes un soir. De plus, il m’a invité dans les bureaux du Zaman, puis m’a invité aussi à une soirée ou un photographe de renom parlait d’une sélection de ses plus beaux clichés (devant une assemblée pas du tout réceptive, malheureusement), il m’a même proposé de réaliser une vidéo pour le site web du journal et m’a accompagné avec un autre français pour la tourner. Il s’agissait d’une vidéo sur une petite île près d’Istanbul, qu’il fallait présenter aux internautes. Tout ça était extrêmement chouette. Presque trop beau pour être vrai. N’avais-je pas demandé à ma prof de documentaire comment il était possible de travailler dans le cinéma en Turquie ? Voilà qu’on me proposait du journalisme vidéo. Pas mal, non?

La partie moins réjouissante de cette rencontre, c’est que Bart était musulman extrêmement pratiquant et que du coup, je ne me sentais pas tout à fait à ma place avec lui. Il faisait la prière plusieurs fois par jour ainsi que le lavement des pieds, tout comme le stagiaire franco-turc qui nous accompagnait. Et je me souviens avoir pensé que c’était génial d’un côté de s’arrêter comme cela plusieurs fois par jour pour prier, mais que d’un autre côté cela était un formidable lavage de cerveau aussi. En tout cas, malgré qu’ils étaient sympas, je n’étais pas tout à fait à mon aise à attendre mes collègues à la mosquée, même quand j’essayais de prier avec eux. Mais ce n’était pas la seule raison de mon malaise. Les colocs de Bart, que des mecs, m’avaient un soir expliqué le complot que les Etats-Unis mettaient en place par rapport à des questions d’import de produits et la réponse assez radicale qu’eux voulaient donner. Je ne me souviens plus des détails, mais j’avais l’impression d’avoir des extrémistes assis en face de moi et ça m’avait foutu les boules. Pour couronner le tout, la raison pour laquelle il n’y avait pas de filles dans la coloc, c’était parce que c’était interdit par la religion. Il fallait être marié pour vivre avec une fille.

Haga Sofia

Prise de tête

Le jour du tournage du reportage, toutes ces raisons m’ont vraisemblablement poussé à lâcher mes compagnons au milieu de l’après-midi pour retrouver mon premier hôte Couchsurfing à qui j’ai demandé de faire une rencontre face cam avec moi, pensant qu’il était un peu la clé de mon film, vu sa sincérité. Mais comme j’avais placé trop d’attente dans cette rencontre, j’ai été déçu. Après cet évènement, il faisait nuit et je me suis retrouvé seul, car Bart et le franco-turc étaient partis faire autre chose sans moi, ce qui était assez logique. Ca devenait un peu trop pour moi, toute cette solitude. J’aurais pu rentrer dans une folie dépensière, mais je crois que j’étais conscient que ça n’allait rien régler. Du coup, dans les jours restants, j’ai été une fois au ciné voir ‘Perfect Sense’ un sympathique drame avec Ewan McGregor et Eva Green (prononcez « Graïne »), dans lequel les personnages perdent l’un après l’autre leurs 5 sens, j’ai vu Haga Sophia, et j’ai mangé des durums. J’ai aussi hésité pendant longtemps entre deux t-shirts marrants à acheter sans jamais imaginer qu’il était possible de me procurer les deux et ce même dernier soir, j’ai fait mon dernier repas à la rue commerçante d’Istanbul en savourant un dernier durum avec un Ayran, cette boisson au yoghourt qui est aujourd’hui proscrite de mon régime alimentaire.

Qu’est-ce que j’étais content de partir.

Pourtant, mon atterrissage n’a pas été des plus heureux. J’ai dû me réadapter à la Belgique, au fait de savoir où j’allais dormir tous les soirs, au fait d’avoir assez d’argent pour vivre mes journées, le temps était différent… Je me sentais complètement décalé, et même voir mes amis ne me faisait pas de bien. Heureusement, 5 jours après mon retour, je reprenais les cours et la préparation d’un documentaire. Cela m’a à nouveau ancré dans mon pays petit à petit, sans arrêter de me faire courir partout, ce qui me rappelait sans doute mon voyage. 5 mois plus tard, je partais au Burkina Faso.

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La dernière cène

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