TUR 6/10 : Moteur-tourne et ACTION!

Pamukkale, sur le départ

Pamukkale, sur le départ

07/08/11

Moteur-tourne et ACTION en audiobook

[audio http://universpodcast.com/contents/lesaventuresdethierry/tur-6-10-moteur-tourne-et-action-1.mp3]

Moteur…

Dans 4 heures, je pars. Je n’ai pas trouve d’hôte couchsurfing.
Je n’ai pas réservé d’auberge non plus. Tout ce que je sais, c’est que demain matin, je poserai le pied sur la terre des célèbres maisons troglodytiques de Göreme, en Cappadoce.

Pamukkale, soyons honnête, commence à me peser. La principale raison pour laquelle je suis resté, c’était pour remplir mon rôle de « jobiste ». Parce que bon, la première semaine de boulot, j’étais bien gentil, mais je faisais du tourisme les 3 premiers jours, puis y fallait que je comprenne où j’avais mis les pieds, tout ça… Une deuxième semaine me paraissait indispensable pour pouvoir dire que j’avais servi à quelque chose. Aujourd’hui, heureusement, j’en suis convaincu. D’ailleurs, y me le disent pas trop mais je sens bien que ça emmerde le staff de l’hôtel qu’on ne réponde plus aux mails de réservation de chambres dans un anglais correct. Cela dit, je les quitte sans trop de remords, le deal c’était « Tu restes une semaine ou un mois, c’est toi qui vois. » Par conséquent, je pense que j’ai respecté cet engagement.

Mais qu’est-ce qu’on fait la deuxième semaine quand on a tout vu là où on est, qu’on en peut plus des touristes français, que notre fonction dans l’hôtel n’existe pas en dehors de quelques précieuses minutes le matin et le soir?… On fait un film.

J’ai tourné mes premières images (qui n’étaient pas seulement un gros plan de mon visage) en ce début de semaine à la gare des bus de Denizli. Ce jour-là, j’ai parfaitement assumé mon matos : une caméra avec un gros micro qui impressionnait tout le monde. D’ailleurs, un garde est venu me voir pour m’interdire de filmer. Mais il l’a fait avec tellement peu de conviction que, fièrement, je ne l’ai pas écouté. C’est vrai, je n’ai pas ramené les images du siècle. Mais au moins, j’ai appuyé sur REC.

Ca tourne…

femme attendant le bus à la gare de Denizli

femme attendant le bus à la gare de Denizli

A la gare des bus de Denizli, sorte de plaque tournante du transport routier en Anatolie Occidentale, il se passe, très logiquement, plein de choses. C’est vraiment une industrie avec chaque compagnie représentée, le tout dominé par « PAMUKKALE », la compagnie de bus qui m’avait amené ici deux semaines plus tôt. J’ai même aperçu le patron de celle-ci en écoutant ce que Bilal me disait. Ce patron, un homme riche, ressemblait a un mafieux. Simplement mais impeccablement habillé en chemise lignée, pantalon à pli, et chaussures cirées, l’homme se baladait parmi les clients, contemplant d’un œil perçant son empire. D’ailleurs, en extrapolant un tout petit peu, cette gare ressemblait a un grand business de mafieux qui fonctionnait de la manière suivante 1) Les rabatteurs très réactifs postés a divers endroits stratégiques accueuillent le touriste naïf et fatigué avec un chaleureux « My friend, where you go? » avant de lui faire une proposition qu’il ne pourra refuser: « I have hotel for you in Pamukkale. Come, come » 2) Les touristes agacés, mais ne sachant pas comment arriver à destination sans l’aide des sbires postés ça et là acceptent alors le deal. 3) Le piège se ref-
STOP. REWIND.

13h00
Arrivée de Bilal, Ooz et moi dans le vieux tacot pourri. Aujourd’hui, comme tous les jours où l’hôtel est vide, on va à la chasse aux touristes. Parce qu’on a beau être dans le Lonely, le Routard, le guide vert…Quand un village double son nombre d’hôtels en 4 ans, on joue tous les jours à pile ou face si on veut avoir un hôtel plein. Mais surtout, on bosse. Ooz passe plusieurs journées par semaine à récupérer les voyageurs à la gare. Et vous savez quoi? Lui, comme les autres rabatteurs, ne cherchent pas à tout prix à vous baiser.

Ooz

Ooz, assis sur le trottoir de la gare de Denizli

Certes, ils vous veulent comme client, mais pour arriver à leurs fins, ils resteront polis, courtois et peu collants. A côté de ça, ils ont un grand sens de l’initiative, du service et leur anglais n’est pas parfait. Et ça, ça peut faire peur. Ben oui, un gars qui prend vos bagages pour vous emmener au dolmus, le moyen principal pour rejoindre votre destination, alors que vous n’avez rien demandé, ce n’est pas rassurant. Mais pourtant, ça n’engage à rien. C’est pour vous aider. D’ailleurs, jamais un Turc ne lâchera vos bagages en plein milieu du chemin si vous n’allez pas à la pension qu’il propose. Non, il vous aidera jusqu’au bout, avec le sourire et sans attendre de pourboire. Même si en réalité ça l’emmerde car il devra encore chercher des touristes.

Aujourd’hui, Ooz a encore 5h devant lui. Pendant ce temps, il pourra encore taper la convers avec les chauffeurs de bus qu’il connait tous, se faire voler des clients par un autre rabatteur et mourir de chaud. Tout ça, ça fait un film. Un film sans sous-titres tellement les situations et actions parlent d’elles mêmes. Seulement, l’œil n’est pas une caméra et l’oreille n’est pas un micro. Et en enclenchant celle-ci, on se rend compte qu’en fait, pour filmer les choses telles qu’on les a vues, il faut beaucoup plus de recul pour que tous les éléments rentrent physiquement dans le viseur de la caméra. Par contre, pour cette prise de son, il faut entendre ce qui se dit, il faut donc se rapprocher. Vous voyez un peu le problème?

Mais ce n’est pas pour ça que je n’ai pas continué ce projet, c’est parce que que je n’ai pas envie que ma caméra fasse perdre de potentiels clients à Hassan. C’est pour ça que sur les projets pro, on fait des repérages, pour que tout le monde vous connaisse et vous accepte avec votre caméra.

Au final, comme Ooz, mon protagoniste, ne comprenait pas trop ce que je faisais, et me demandait de l’aide pour convaincre les touristes de venir dans son hôtel pendant que je filmais, j’ai laissé le projet de côté, après avoir filmé seulement 10 minutes de rushes.

ACTIONS!

IMG_3418

Me, myself and I

Et puis, un soir, du plus profond de moi-même a surgi une autre idée. Filmer les autres, c’est dur, donc je vais me filmer moi. Mais ça c’est chiant. Donc je vais demander à des voyageurs de me filmer. Pour ce nouveau projet, j’ai établi tout un concept et je suis fier de dire que ça m’a demandé pas mal de temps. Seulement, pour l’instant, aucun touriste n’a encore osé (?) passer derrière la cam. Pourtant c’est moi le plus vulnérable, devant. Je vais pas m’étendre sur le sujet pour l’instant. Quand j’aurai des rushes, je vous en reparlerai peut-être.

Sinon, j’ai été au marché avec Elwann, Bilal, Guule et Ahmet. Mon droit de présence était le fait que je portais les kilos de nourriture que l’hôtel allait avoir besoin cette semaine. Ca me convenait très bien, être le seul étranger au milieu de tous ces Turcs. Puis, à part ça, j’ai aussi nagé quelques fois dans la piscine, vu que y en a une, qu’elle est grande et que ça change la vie de se baigner quand il fait chaud. Je crois d’ailleurs que je nage un peu mieux qu’avant. J’ai été me faire raser la barbe (sans le bouc hein), j’ai mangé de la pide, des tavuks döner et du poisson…

Et puis, vendredi, Hassan a de nouveau essayé de me trouver une copine, Claire, une française un peu plus âgée que moi. Vous le savez, je suis bon avec les mots, mais quand il s’agit d’agir… De toutes les manières, elle avait un copain. Ca me facilitait la vie.

Claire, comme de l'eau de roche.

Claire, comme de l’eau de roche.

Silence…

Au début d’ailleurs, Claire ne me paraissait pas très intéressante, puis, en découvrant sa lecture, quelque chose genre « vivre le moment présent », on a ouvert une brèche de discussion entre ‘La prophétie des Andes’, l’énergie, la macrobiotique, la foi, Dieu et une expérience proche de la mort.  Cette discussion a eu tellement de force que le lendemain, elle m’a accompagné dans ma visite de Nasili, une bête ville qui m’a beaucoup plu par moments, pour son côté crasseux et bordélique, qui me rappelait quelques images du jeu vidéo Driv3er, seule véritable référence visuelle qui m’ait donné envie d’aller visiter le pays d’Attaturk.

Driv3r à Nasili

Driv3r à Nasili

Apres avoir effectué ma visite de la ville (composée des éléments suivants: marche sans but, temps spi à la mosquée, supermarché avec airco, repas mini dans snack local, recherche de parc, lecture roman, marche sans but, retour) je me suis endormi dans un Dolmus vers Denizli. Là, il m’est apparu que l’énergie qui se dégage d’un voyage, si on l’accepte, peut provoquer des choses incroyables. Et tout ce qu’on veut vraiment, on peut l’obtenir. On est pas toujours conscient ou prêt a accepter ce qu’on veut vraiment. Mais on possède en soi les clés pour être heureux si on s’écoute et si on regarde les si-

Ah merde, j’ai perdu 50 pourcent de mes lecteurs là. Bon, pour ceux qui sont toujours là, je reviens sur terre. Je suis resté une semaine de plus à Pamukkale pour pouvoir continuer à bosser avec le webmaster. J’avais préparé tout un document sur comment améliorer le site, comment améliorer les réservations, tout ça. Mais ce dimanche, Ibrahim n’avait pas envie de bosser, il avait mal dormi et avait trop chaud (pauvre chou). Donc, ben euh, j’ai offert des Baklavas (miam un peu) et j’ai glandé.

Tiens, le couple de français 1m à côté de moi accepte de me filmer. Je vous laisse. Moteur, ça tourne et ACTION!

bizatous
encore des mails, vous devez vraiment être mes amis, dis 🙂

Thierry

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s