TUR 3/10 : Le vieil homme, la mer, le frère, la mosquée et les autres

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Couple et amis contemplant le Bosphore au coucher du soleil

28/07/11

Le vieil homme, la mer, le frère, la mosquée et les autres en audiobook

[audio http://universpodcast.com/contents/lesaventuresdethierry/turk-3-10-le-viel-homme-la-mer-le-frere.-1.mp3 ]

Bon, ça pue. Je vais devoir écrire comme un Lilliputien. Enfin, je sais pas trop comment ils écrivent. En fait, je sais même pas vraiment ce qu’est un Lilliputien et- mais je m’égare…

Réflexions autobussiennes

Là, je suis en route vers Pamukkale et mon futur ‘job’, et, comme un idiot, j’ai oublié mon cahier dans la soute à bagages du bus et donc j’écris sur un mini carnet. Soyons honnêtes, même si je devais arrêter d’écrire, c’est pas comme si j’allais m’ennuyer. Tout ça parce que j’ai dû choisir la compagnie de bus la plus chère pour mon voyage de 11h… Je l’ai pas fait exprès, mais les autres bus, 6 euros moins chers, partaient 6h plus tard. Et 6 heures à Istanbul avec mon gros sac, je préférais éviter. Résultat des courses, je me retrouve dans un bus avec une TV sur mon siège (dont le programme est au choix) et un steward qui passe avec des snacks gratos comme du thé ou des glaces. et vous savez quoi? Ben, je suis pas heureux. J’en ai rien à foutre. Moi, ce que je veux, c’est rencontrer des gens! Alors, quand tout le monde regarde sa petite télé avec ses petits écouteurs, eh ben ça me fait chier!

Soit. Vous avez lu mon dernier mail. Vous avez aimé ou pas. Moi non. Depuis que je l’ai envoyé, j’ai senti que y avait quelque chose qui manquait: J’arrivais pas à mettre de mots dessus. Puis, j’ai compris. Je me suis emballé. Je ne me suis pas adressé à ‘vous qui représentez…’ Mais à une sorte de lecteur universel. Je me suis pris pour un écrivain et j’en ai oublié la chose la plus importante, cette qualité que vous associez souvent à moi: ma sincérité.  Y en avait pas. Relisez-le. Je parle d’Istanbul, je fais des parallèles, j’essaie d’être ludique… Mais rien ne transparaît sur comment je me sens. Or en tant que « vous », c’est ce qui vous intéresse. Mais quelle peut bien être la raison d’un tel comportement? Hmm? Personne? Ben, c’est qu’on se sent pas top. On ne vit pas exactement ce qu’on a prévu. On passe plus de temps à réfléchir à comment on se sent qu’à vivre les choses.

Pourtant, cela aurait pu être bien pire. C’est que je suis trop pressé qu’il m’arrive des trucs. Et d’un autre côté, j’ai fait de belles rencontres cette semaine, donc c’est pas comme s’il ne se passait rien non plus. Mais par exemple, j’aurais voulu être plus secoué par Istanbul. Me retrouver plus souvent bouche bée par ce que je vois. Le Bosphore est magnifique vraiment, mais le reste? Bof. Je ne suis pas fan de mosquées (du moins jusqu’à hier, j’y reviendrai) et les CouchSurfers (CS) ne sont pas devenus mes meilleurs amis. Ils ont leurs vies et malgré leur gentillesse, on ne fait pas partie de la vie de quelqu’un en 2 ou 5 jours…

Revenons plutôt sur ces belles rencontres.

1) Willem. +-28 ans. Aéroport de Munich. Une nuit.

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Willem au téléphone

Un cuisinier belge allant rejoindre sa copine et future épouse (espérait-il) au Brésil. Il m’a montré ses bouquins de cuisine et m’a appris des choses sur la gastronomie. C’était plus fun que de passer sa nuit seul sur un banc d’aéroport.

2) CS1. Mourad. 36 ans. Istanbul côté Asie. 2 jours.

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Chez Mourad

Un gay parlant à bâtons rompus dans un très bon anglais. Une belle rencontre et une sincérité réciproque. En plus de ça, Mourad m’a aidé avec mon GSM, m’a proposé des itinéraires et m’a dit de faire comme chez moi. Ainsi, son frigo, sa TV, son PC… étaient à moi aussi. Ma politesse l’agaçait.

3) CS2. Asli et son frère Typhum. 28 et 18 ans. Istanbul côté Europe. 5 jours.

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L’arrêt de bus à côté de chez Asli et Typhum

Moins de sincérité ici mais j’avais ma chambre et entre Asli et moi, il y avait une volonté mutuelle d’apprendre une langue. Elle l’anglais et moi le… tchécoslovaque. Découverte des petits-déjeuners turcs (composés de saucisse, sauce tomate, sorte de vachekiri – mascarpone et pain (ekmek en turc)) durant lesquels nous avons eu de chouettes échanges. Mais à mesure que les jours passaient, la relation s’effritait. Et, du coup, même si Asli était un très bon public, les au revoir ne furent pas déchirants.

Pendant mon séjour chez elle, Asli avait émi la même demande que Mourad: « fais comme chez toi ». Cependant, comme  je n’avais pas de clé, cela faisait que, même si je n’avais rien à faire, je passais mes journées dehors par 34 degrés. Ye-ha. De plus, Asli habitait à une heure du centre-ville, contrairement à mon précédent hôte qui n’était qu’a 20min de celui-ci. A côté de ça, je suis arrivé à un mauvais moment: le frère de Asli, Typhum, était à la recherche d’un cours de dessin afin de se préparer à l’examen d’entrée d’une académie et ça leur prenait tout leur temps de faire les démarches pour le trouver. Tout était plus compliqué.

Au final, pendant ce séjour, j’ai donc dû faire un choix: soit construire une relation, soit vivre mon indépendance. Enchainé comme j’étais, j’ai choisi de faire ce que je décidais seul, quand je voulais et le moment où j’ai fait mes 1ères courses perso (pâtes, bananes, pain, choco) a été une libération. Et la relation avec ma deuxième hôte en a pris un coup. En même temps, j’allais pas accompagner Asli et Typhum dans tout ce qu’ils faisaient. Ca ne leur aurait pas plu non plus.

4) Un vieil homme turc. xx ans. Istanbul côté Europe. 1 heure

Istanbul à la "magic hour'

Le Bosphore à la « magic hour’

Ce que je préfère dans le fait de voyager seul, c’est d’aller où je veux, quand je veux, de rester aussi longtemps que je veux, de me perdre, de ne pas regarder ma carte, de parler à qui je veux… Et justement, ce jour-là, je voulais aller par là. Je peux vous dire où c’était mais ça n’a pas d’importance: moi-même, je ne savais pas ce qu’il y avait là-bas. Il se trouve que là-bas, vers 14h, il y avait la mer, puis un peu plus loin, un parc. Je me suis posé sur un banc. Un vieil homme est passé. Je l’ai salué. Il s’est assis à côté de moi et en turc, on a… communiqué.

Je touche rien en turc. Je connais 30 mots. Mais je suis toujours équipé de mon guide de conversation. Ca n’a pas beaucoup aidé. Malgré l’alphabet phonétique, ma prononciation reste calamiteuse. Heureusement, dans le guide y a aussi l’écriture turque. Ca n’a pas beaucoup aidé. C’est écrit tellement petit que le vieil homme n’y voyait rien.  Alors, on a fait avec. On a parlé. Je lui ai appris des mots de français qu’il me demandait et lui, à force de répéter « güzel » à tout bout de champ, m’a appris ce qui était « beau ». On a parlé de sa famille (feuillette-feuillette-feuillette: ah voilà: femme) Apparemment, il en a eu 3. Ou bien j’ai rien compris. On a parlé des femmes « güzel, güzel », il m’a appris à dire cuillère en turc (mais j’ai oublié) et m’a offert le thé. Puis, nous nous sommes quittés et il m’a fait 2 bises. En une heure, ce vieil homme m’a donné l’impression de faire partie de quelque chose. Et c’est pour ça que je voyage.

5) La mosquée. Istanbul côté Europe. 20 min

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Homme priant à la mosquée

Effectivement, toi lecteur\trice perspicace, tu as remarqué que la mosquée n’était pas une personne. Pourtant, il y a eu rencontre. Parce que pour la première fois, je suis entré dans une mosquée non pas pour voir si c’était joli, mais pour prendre le temps de regarder ce qu’il s’y passe. J’ai pris place sur le tapis, je me suis assis en tailleur et j’ai filmé avec mon appareil photo. Puis, j’ai arrêté de filmer et j’ai regardé. Je suis peut-être resté 20 min, peut-être même pas. Toujours est-il qu’en sortant de là, après un bref échange avec un Turc qui m’a présenté à son fils de 8 ans, j’étais tout secoué. Et j’ai vraiment envie de comprendre ce qu’il se passe dans une mosquée: prier debout, assis, se relever, se rasseoir. Qu’est-ce qu’ils peuvent bien réciter? J’espère en découvrir plus.

Pour le reste: j’ai marché, marché, marché, pris quelques photos, marché, été au grand bazar (nul tout seul quand on veut pas acheter) marché, je me suis planté de bus, j’ai marché, lu, je me suis replanté de bus, je n’ai pas commencé de docu, j’ai marché, pris le tram, marché, pris le bateau, marché… Et ceci clôt le premier chapitre de mon voyage…en toute sincérité.

Hmm… Je me demande quand je vais commencer à filmer. Je me demande s’il y aura un bus de Denizli à Pamukkale tantôt. Je me demande à quelle heure j’arriverai. Je me demande…

Gurushuruz (en langage phonétique turc, ça veut dire « à plus ») merci pour vos mails…

bizoux

Thierry

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