VN 2/5 : Tourist-free

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Un Bouddha, veillant sur l’île de Ly-Son

20/10/13

Tourist-free en audiobook
[audio http://universpodcast.com/contents/lesaventuresdethierry/tourist-free-1.mp3 ]

Collision

La moto filait à vive allure à travers les champs d’ail et les cultures d’oignon. Les routes en terre serpentaient autour de majestueuses collines vertes et on pouvait observer les villageois en train d’asperger leurs champs à gauche et à droite du chemin. Quelques rares motos partageaient la voie avec nous et il n’y avait pas l’ombre d’un touriste. De plus, le temps était magnifique et, bien que Vinh et moi essayions de tenir sur la moto avec notre chauffeur et nos 4 gros sacs de voyage, les cheveux au vent, les sandales à l’air, cette escapade hors des sentiers battus s’annonçait pour le mieux.

En face de nous arriva alors un scooter à allure modérée et on aurait parfaitement pu l’éviter.

Pourtant, notre chauffeur, un gars un peu plus jeune que nous qui n’avait pas l’air très réveillé, a foncé droit dessus. Ma vie n’a pas défilé devant mes yeux. On s’est retrouvés par terre après la collision. Le rétroviseur du scooter qu’on avait embouti aussi. Vinh est allée vers la conductrice pour l’aider à se relever. J’ai vérifié que nos sacs n’avaient rien et j’ai rendu le rétroviseur à sa propriétaire.

Après avoir échangé deux phrases avec la conductrice, le chauffeur nous a rechargé sur sa moto avec nos sacs et la fille est repartie de l’autre côté, sans autre dédommagement. Arrivés à l’hôtel, notre chauffeur a tout de même tenté d’augmenter le prix de la course…

Exploration

Comme on était mort crevés, on a dormi. Puis, comme y avait trop de bruit, on est sortis manger local dans l’aprem. Toujours aucun Blanc à l’horizon. Franchement, je me faisais un peu de souci à ce sujet. Je ne sais pas trop pourquoi. 15 minutes sont passées et 4 Anglaises se sont attablées à la table voisine. J’étais rassuré/agacé.

Après que Vinh fut prise pour ma guide touristique personnelle, nous avons entamé une balade à 2 à travers le village, qui est en fait une route principale qui fait le tour de l’ile. Dans le village à proprement parler, la route est en terre, pas très large, des motos glissent dessus dans les deux sens, quelques vélos les accompagnent. De petits chiens sont dispersés ça et là sur le chemin. Il y a la vendeuse de vêtements, il y a le vendeur de téléphones, il y a le photographe. Il y a les écolières en tenue traditionnelle. Les gens sont habillés simplement. C’est le paradis de l’ail et de l’oignon. Tout le monde semble avoir une vie avec des préoccupations simples. Pourquoi venir déranger tout ça ? Les regards des villageois, qui se trouvent devant leurs maisons, sont suspicieux à la vue du nouveau Blanc qui vient fouler de ses sandales leur univers bien gardé. Encore un… pourtant plus loin, 2 grosses pelleteuses démolissent ramassis naturel de pierres autour de l’eau pour prolonger la route bétonnée qu’ils ont commencée depuis le port… Comme s’ils se préparaient à accueillir plus de gens…

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Pelleteuses en bord de rive de Ly-Son

À un moment, Vinh et moi, on s’est séparés pour découvrir les choses qui nous intéressaient à notre rythme. J’ai marché un peu. J’ai refusé des invitations de gens qui voulaient m’emmener en moto ou me faisaient signe de les rejoindre. Ça ne me ressemblait pas, mais, ici au Viêtnam, je n’arrive pas à apprendre la langue parce que ma prononciation est mauvaise et je suis donc moins à l’aise. J’ai peur qu’on me demande de l’argent et je n’ai pas envie de refuser d’en donner.

Est-ce parce que mon guide de conversation vietnamien est en anglais et que j’ai du mal avec cet alphabet phonétique que je n’arrive à rien ? Où est-ce que j’ai besoin d’un « prof » et que Vinh n’a pas envie de jouer ce rôle ? Je ne sais pas. Toujours est-il que cette île était le plus mauvais endroit pour apprendre la langue, vu que même Vinh ne comprenait pas le dialecte que les gens parlaient…

Je me suis posé quelque part près de l’eau. Une femme est passée. J’ai regardé la mer et je lui ai dit : « Bonjour »
« Beau. Beau » en vietnamien. Elle m’a fait signe que ça puait et a déversé son tas d’ordures dans l’eau. Elle s’en est allée. Le soir est tombé. Comme il n’y avait pas d’électricité sur l’ile, je me suis dépêché de rentrer, de peur de me perdre. Beaucoup de maisonnettes étaient allumées, probablement alimentées par un générateur, et les gens étaient assis par terre en train de manger le repas du soir. La sacro-sainte TV partageait le repas chez certains d’entre eux.

J’ai retrouvé Vinh à l’hôtel. Elle m’a proposé de partager notre repas du soir avec un gars qu’elle avait rencontré dans l’après-midi. J’ai accepté et on a fini la soirée (il devait être 10 heures du soir) sur une terrasse sous-éclairée qui diffusait des chansons d’amour vietnamiennes.

Là, après ma bière et mon café glacé, j’ai prononcé d’un air béat les mots « je suis en vacances. » Vinh m’a regardé et a dit « Seulement maintenant ? »

Aventure

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Moto au marché au poissons

La journée du lendemain fut placée sous le signe de l’aventure : on s’est levés à 5h45 pour voir les pêcheurs ramener le poisson sur l’île. Seulement, sur une île où les gens se couchent à 19h, on était bien trop tard pour voir le début de la manœuvre. Toute l’île semblait être réveillée depuis 2 heures au moins quand on est sortis dehors. Cependant, détendu comme j’étais, j’étais très à l’aise à l’idée de me rapprocher au maximum des gens sur le petit port en face de l’hôtel. J’ai donc pu observer, avec plaisir et de très près, les hommes qui amarraient leurs bateaux, en déchargeaient leur cargaison sur le quai puis repartaient en mer. Ensuite, c’était aux femmes de peser ces petits lots de petits poissons et de les vendre pour quelques Dongs sur le quai. Le tout, à même le sol, avec une simple balance en plastique…

On avait prévu une excursion sur une île voisine ensuite, mais le bateau ne naviguait pas ce jour-là. « Pas assez de monde » Après qu’on a compris que le gars ne se foutait pas de nous, Vinh et moi avons loué un scooter et nous avons exploré tous les recoins de l’ile en 2 roues et à pied. Nous avons fait de magnifiques découvertes de plages vides, de grottes et de montagnes. Je ne cessais de penser à la musique de Jurassic Park qui aurait dû être la bande son de cette journée…

Mais comme on avait tout vu, il fallait organiser notre prochain déplacement. Et comme il n’y a pas d’électricité sur l’île, il a fallu attendre le soir pour que l’hôtel mette le générateur en marche. Et comme le wifi ne marchait qu’en bas, on a descendu le portable de Vinh à la réception, qui semble aussi être une sorte de salle de fêtes.

Apparemment, quelque chose s’y préparait parce que de jeunes hommes et femmes vietnamiens, habillés respectivement en costar et en robe, étaient en train de mettre en place un projecteur, une installation sonore et faisaient des réglages avec leur pc. En face, ils avaient installés les 60 chaises que la pièce contenait et les tables autour desquelles les chaises se trouvaient avaient étés mises sur le côté. Vinh et moi avions fini de réserver les hôtels et les bus pour Hoi-An, notre prochaine destination, et on a quitté la pièce. Comme on avait prévu de manger avec ‘Hiep’ à nouveau, on devait l’attendre.

En bas, de la musique pop vietnamienne est sortie plein tubes des haut-parleurs et n’a pas arrêté de se répéter pendant la demi-heure durant laquelle on a attendu le gars avec qui on avait mangé hier. Pour finir, Hiep a annulé et nous sommes partis manger une fondue chinoise à 2. En passant par la réception, j’ai vu qu’une bonne trentaine de villageois assistaient à une conférence… sur des produits de beauté. Avec vidéo propagandiste à l’appui. Volume à fond. Musique dramatique. Pas besoin de parler la langue pour comprendre. Les villageois semblaient concernés par tous ces malheurs qui pourraient leur arriver s’ils n’utilisaient pas les produits proposés. Dans 3 ans, je parie que l’ile de Ly Son sera référencée dans mon guide de voyage.

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Comme dormir semblait être la dernière préoccupation de ce voyage et qu’il était question de tempête pour le lendemain, nous nous sommes levés à 6 heures pour quitter Ly Son et rejoindre Hoi-An dans un trajet très secoué, tant dans le bateau, dans lequel beaucoup vomissaient, que dans le minibus, dans lequel on sautait parfois si haut de notre siège, qu’on se demandait si la voiture avait des amortisseurs.

Une fois arrivés à Hoi-An, on s’est à nouveau écroulés sur nos lits et on attendu le soir pour découvrir la cité enchanteresse du centre du Viêtnam, royaume des lanternes et lampions en bord de rive. C’est vraiment charmant comme ambiance : tous les commerces ouverts ont un éclairage aux lampions qui se reflète sur l’eau. Il y a des petits bateaux qui passent sur la rivière. Il est possible de faire naviguer une bougie sur l’eau. Les voitures sont interdites de passage… le tout est calme, paisible, détendu. Il y a même de la musique traditionnelle qui sort de haut-parleurs cachés. Même si c’est rempli de Blancs, c’est très très chouette.

Et puis, tout a changé.

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Hoi-An by night

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Hoi-An de nuit

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