VN 5/5 : Voir Hanoï et revenir

Un jour normal à Hanoï

Un jour normal à Hanoï

20/11/13

Voir Hanoï et revenir en audiobook

Le coup de foudre

La dernière fois que je suis tombé amoureux d’une ville, j’avais 16 ans et je suivais des cours d’espagnol à Salamanque, en Espagne. C’était la première fois que je découvrais une ville aussi belle. Elle me semblait être construite en fonction de la lumière du soleil, car celui-ci la mettait en valeur à toute heure de la journée. En plus, il y avait le fait que cette ville, pleine de détritus la nuit, se réveillait tous les matins tellement propre qu’on avait l’impression qu’on venait de la sortir de son emballage. Pour finir, tous les matins, le ciel de Salamanque était tout bleu, sans aucun nuage à l’horizon et il faisait chaud, ce qui me changeait de ma Belgique natale.

9 ans plus tard, cela se reproduisit: je tombai amoureux de Hanoï et la passion était encore plus forte.

J’avais rien vu venir car elle n’était pas particulièrement belle, mais elle avait quelque chose. Quelque chose d’indéfinissable. Déjà, elle était très active, ne s’arrêtait jamais de bouger, sauf la nuit, qu’elle commençait tôt. De plus, elle était pleine de surprises: peu importe où je posais mon regard, les rues de Hanoï me montraient quelque chose d’inattendu. La ville me suppliait de la prendre en photo. Elle voulait être montrée, voulait être admirée et je n’avais jamais senti ça de manière aussi forte ailleurs.

Alors, tant bien que mal, je me suis attelé à cette tâche et une chose m’a immédiatement sauté aux yeux (et c’est en partie ce qui m’a séduit dans Hanoï): d’un côté, on a cette suractivité épuisante représentée par un flot de motos qui ne s’arrête jamais, même pas pour laisser passer les piétons, mais en même temps, tout le monde dans les rues attend.

En attendant...

En attendant…

(Im)mobile

Le cireur de chaussures, le conducteur de pousse-pousse, le conducteur de moto, la vendeuse de riz gluant, les buveurs de thé (dieu sait quel métier ils font ceux-là), la toute jeune vendeuse de vêtements qui s’endort sur son comptoir… Tous semblent être là seulement au cas où. Pour faire exister la ville. Pour la justifier. Ils donnent l’impression de ne rien faire, voire d’être seulement là pour récupérer l’argent des touristes. Ce n’est pas vrai bien sûr. On oublie qu’il y a de réelles personnes derrière, qui tentent de faire survivre leur famille à la campagne… Peut-être que nous aussi, on devrait s’arrêter.

Mais, déjà, on est emporté par le pas de la vendeuse de livres et des femmes aux paniers plein de fruits. Et de l’autre côté de la rue, comme si c’était la chose la plus normale du monde, le dentiste opère, tout comme le coiffeur.

Le soir est en train de tomber. Accroupie sur le bord du trottoir, il y a cette femme qui fait bruler de faux billets en offrande pour ses ancêtres. Pas loin d’elle, 2 enfants jouent au badminton au milieu du passage des piétons tandis qu’à côté, l’heure de pointe bat son plein avec une circulation encore plus importante que pendant le reste de la journée, si une telle chose est possible. On ne fait même plus attention à l’odeur de tous ces pots d’échappement. C’est l’odeur du mouvement. C’est l’odeur de la vie.

Et si on laisse le temps filer, c’est déjà l’heure où tout  ferme. Ordre de la police. Là-bas, un restaurant clandestin ouvre son volet pour laisser entrer 2 clients qui veulent déguster un snack nocturne. Immédiatement, le vendeur aperçoit la petite camionette de police qui se fraie un chemin parmi les buveurs de “bia hoi” et referme le volet…Tout est fermé. Tout est calme. Plus de moto. Plus personne dans les rues. Ah si, là, un tenancier qui fait son taï-chi journalier devant sa boutique…Dingue. Magnifique. Incroyable.

La vérité, c’est qu’Hanoï avait revêtu ses plus beaux atours lors de ma visite: le temps était ensoleillé, le climat était doux… Quelques mois plus tôt, c’était la canicule de l’été, deux mois plus tard, c’était trois mois de ciel gris sans soleil, l’hiver hannoïen. Peut-être alors est-ce bien que je sois parti rejoindre ma Belgique à ce moment-là. Peut-être que le Vietnam m’aurait déçu si j’étais resté. Peut-être que l’amour me rendait aveugle.

“Un truc”

Mais pour être tout à fait sincère, j’ai mes doutes. Comme je l’expliquais, je commençais à trouver ma place dans mon groupe de motards viet. Bao et moi, on s’entendait vraiment bien. Doan aimait rigoler avec moi et réciproquement (c’est fou le peu de mots qu’il faut pour faire rire) et avec Vinh, ça se détendait aussi puisqu’on ne passait plus chaque seconde ensemble.

Yen Minh town- Ha Giang- Dong Van-H – Giang city… 300 km de montagnes plus tard, pendant le trajet de retour en bus vers Hanoï, il s’est passé “un truc”.
D’ailleurs, pendant chaque voyage que j’ai fait, il s’est toujours passé “un truc” . Ce n’était pas toujours quelque chose que j’accueillais avec plaisir mais ce “truc” était toujours vrai, sincère, incroyablement fort et tout à fait inattendu.

J’avais choisi de passer mes huit heures de bus à couchettes en écoutant de la musique, couché à côté de mes compagnons qui dormaient. Et pendant que les mélodies s’enchainaient dans mes oreilles, je repensais à tout ce qui s’était passé pendant notre périple sans encombres. C’est vrai ça…on n’avait pas eu une seule merde, peut-être parce qu’on était plein de cathos dans le groupe et qu’on avait prié et que d’autres gens avaient prié pour nous, peut-être aussi parce qu’on était bien organisés. N’empêche, on était à 2 doigts de la panne sèche à un moment…

Derniers km avant qu'on rende les motos...

Derniers km avant qu’on rende les motos…

Toujours est-il que je repensais au froid qui m’avait soufflé au visage pendant des jours sur la moto, je repensais aux nouilles express en sachet qu’on avait mangées comme des chips tout au-dessus d’une montagne à la vue imprenable. Je repensais sans doute aussi à ce marché mensuel sur un plateau encore plus élevé.

Tous ces gens qui venaient de leurs villages à des heures de là, à pied, pour faire leurs emplettes et mon choc culturel (que je cherchais) quand j’avais été me promener tout seul au milieu d’eux. Je repensais à tout ça. J’avais été en mouvement pendant 3+3 jours et là, je retournais à la maison, à Hanoï. Les lumières du bus étaient éteintes. C’était “La Rue Ketanou” dans mes oreilles. Et là, de nulle  part, je ne sais comment, j’ai chopé le virus du voyage. Je voulais ne jamais m’arrêter de bouger. Je voulais dormir dans des conditions de merde, je voulais être sur la route, accompagner des saltimbanques, des comédiens et bien sûr, des conteurs, que j’affectionne tout particulièrement. Je voulais conter avec eux, éventuellement les filmer… Cela dit, mon rêve de cinéma, celui que j’ai depuis que j’ai 15 ans, semblait très loin de moi à ce moment-là.

La seule chose qui comptait, c’était le voyage. Je n’avais pas besoin de voyager loin, l’Europe, la France même, semblait être un terrain de choix. J’étais heureux et beaucoup de choses semblaient possibles cette nuit-là.

Quelque part, dans les montagnes...

Quelque part, dans les montagnes…

Un jour, au parc

Le bus s’est arrêté à Hanoï. On a redormi au même hôtel, après avoir débattu de la possibilité de passer la matinée dehors pour payer moins cher, ce qu’on n’a pas fait. Et le lendemain, après un petit-déjeuner en groupe au célèbre Xoi-Yen, j’ai exploré mon Hanoï seul et je me suis encore prouvé que, quand on est Blanc en Asie et qu’on s’intéresse au pays et qu’on parle un peu d’anglais, c’est vraiment pas difficile de rencontrer des gens. Les parcs sont un bon lieu d’ailleurs. Ici, c’était un parc payant pour les passants et gratuits pour les sportifs…Une prof d’anglais et ses élèves presque aussi vieux qu’elle passaient  le samedi après-midi à flâner au même endroit que moi.

Comme souvent dans des mes rencontres avec des groupes, j’ai fait l’ambassadeur de la Belgique et de ma culture. Photos d’amis, photos de famille, info de base sur mon pays, réponses aux questions des élèves, tout y passe…et j’adore ça. Normal, je suis à ce moment-là, le centre de l’attention.

Peut-être que je voyage un peu pour ça. Pour être aimé…Mais pour ma défense, j’étais d’une ouverture maximale avec ces élèves, j’étais prêt à tout partager et je tentais réellement de m’intéresser sincèrement à chacun des étudiants universitaires, même aux plus timides. J’ai donné mon email à la prof pour qu’elle me recontacte, ce qu’elle n’a jamais fait, et chacun a repris sa route.

Au-revoirs

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Au début, c’était des inconnus…

C’était déjà la dernière soirée de Vinh. Demain matin, elle retournait à Ho-Chi-Minh en avion. Je la rejoindrais quelques jours plus tard, le temps d’apprécier encore Hanoï.
Avant son départ, Elle voulait marquer le coup, faire un truc dingue, mais elle n’avait pas d’idées. Je lui rappelai son idée de tatouage, mais elle n’était pas prête à le faire seule et je n’avais pas envie de l’accompagner. Alors, on a passé le temps tranquillement au bord du lac Hoan Kiem et au bar. Bao, Van et Doan avaient d’autres occupations ce soir-là. Vers minuit, on a terminé notre sortie dans un resto clandestin à 2 et puis, vers 5h du mat’, Vinh a quitté la chambre d’hôtel. Elle ne voulait pas me réveiller alors elle n’a rien dit. Alors qu’elle était dans le couloir, je lui ai dit au-revoir et elle m’a fait signe avant de fermer la porte de la chambre, sans bruit. La pénombre a envahi la pièce. Ce jour-là, mes 3 autres amis viets quittaient aussi la ville.

Ce matin-là, j’ai partagé un dernier thé glacé avec eux devant la cathédrale sur les minis tabourets. Je leur ai filé mon facebook et réciproquement. Ensuite, on est partis chacun de notre côté pour faire quelques courses. On s’est retrouvés à midi autour d’un repas à base de riz et de petits plats complémentaires. Le repas qu’on mangeait tous les jours à la montagne. Le repas qui me sortait par les trous de nez. Sauf que là, non, là c’est moi qui avait choisi…

Les filles sont reparties faire du shopping.
On a mangé un dessert à base de haricots mungo tous ensemble.
On a pris une dernière photo.
Et puis, ils sont partis.

Partis comme ça, vers chez eux, vers Ho-Chi-Minh. Partis pour ne pas revenir. Même si Bao voulait faire une soirée d’adieu à HCMC… là, je me sentais vraiment seul et vraiment triste… Dire qu’au début, c’était rien d’autre que des gens qui ne parlaient pas ma langue… Habituellement d’ailleurs, j’aurais été content de ressentir de la tristesse pour des gens qui partent, cela signifiait que je les avais appréciés…mais ce jour-là, j’avais seulement envie qu’ils reviennent.

Heureusement, il y a la télé. Quelques films américains plus tard, j’étais prêt à aller dormir, content de pouvoir explorer la ville et ses trucs connus le lendemain. Après coup, je ne sais plus trop ce que cette journée a donné, je me suis perdu comme je fais toujours, j’ai vu la moitié des trucs pour touristes que j’avais prévu de voir, je me suis fait agresser verbalement par un mec que je voulais prendre en photo et je me suis mis en route pour rentrer à l’hôtel. Je pensais que ma journée était finie.

Mes pieds faisaient mal dans mes sandales pas du tout adaptées, la nuit était tombée et comme je partais le lendemain, il n’y avait pas d’intérêt à provoquer des rencontres… Cependant, il n’y avait pas que moi qui étais triste de me voir partir… la ville aussi. Ce doit être pour cela qu’elle m’a fait 3 derniers cadeaux.

1 nuit, 3 cadeaux

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Une nuit qui commençait comme les autres…

Comme j’étais épuisé de ma longue marche, je décidai de me poser dans un parc. Immédiatement, celui-ci m’a fait penser au Mont Des Arts à Bruxelles, en Belgique.
Des ados faisaient du skate, il y avait une statue, il y avait des marches, la place avait un peu la même taille… Comme j’appréciais vraiment l’ambiance qui régnait dans l’air, je voulais la capturer sur cassette et j’ai donc enclenché ma caméra pour faire un mini-portrait de la place. Et puis, au fond, près des voitures, j’ai aperçu un gars et une fille qui dansaient ensemble. Ce que je n’ai pas encore dit, c’est que depuis que j’ai commencé mon voyage, je m’imaginais filmer de la danse à Hanoï…c’était quelque chose que je voulais à tout prix. J’avais oublié ce souhait, mais Hanoï non.

Ces deux jeunes qui s’exerçaient pour un concours ne dansaient pas de manière exceptionelle, ne dansaient pas non plus une danse typique du Vietnam, mais ils m’ont laissé filmer sans que je ne leur en demande la permission. A la fin, je leur ai montré le résultat. On a discuté un peu. Il s’est mis à pleuvoir. On s’est quitté. Ma soirée était réussie.

Sauf qu’il fallait encore que je mange. Le Xoi-Yen me paraissait idéal. En y allant vers 9h du soir, je passai devant le théâtre de marionnettes sur l’eau. ZE attraction touristique de la ville. Il y a 6 ans, j’en avais déjà vu à HCMC et j’avais vraiment voulu en revoir ici. Mais comme pour la danse, j’avais oublié. Au cas où, je suis tout de même passé au guichet. Un spectacle commençait à peine. C’était le dernier de la soirée et ceux du lendemain commençaient trop tard pour que je puisse y assister. Dernière chance donc.

Marionnettes au repos

Marionnettes au repos

J’ai eu ma place au premier rang, devant le grand bac d’eau, sujet aux éclaboussures, mais ça ne me faisait pas peur. A gauche du bassin se trouvaient l’orchestre et les chanteuses, en hauteur, et derrière moi, 95% de touristes avaient pris place dans les fauteuils. C’est alors que les marionnettes ont navigué en scène, dirigées par les marionettistes cachés sous l’eau grâce à des poudres spéciales

Les 15 scènes traditionelles présentées étaient en vietnamien, mais avec le descriptif qu’on avait reçu à l’entrée, on comprenait la trame. Tout était très simple et j’aurais d’ailleurs pu juger un peu vite ces marionnettes, taillées grossièrement dans le bois et d’apparence un peu gauches, et me dire que ce n’était pas intéressant. Sauf qu’en fait, ces marionnettes cachaient très bien leur jeu : les personnages pouvaient se passer des objets entre eux, une marionette a grimpé à un arbre de décor qui se trouvait à droite du bassin, une est arrivée avec du feu dans les mains. C’était touchant, poétique, naïf (mais je ne comprenais pas le texte) et…extrêmement drôle. Merci Hanoï.

Marionnettistes au repos

Marionnettistes au repos

Après avoir demandé à quelques personnes, j’ai fini par retrouver le Xoi-Yen où j’ai accompagné mon dernier repas d’une dernière Hanoï Beer. Et là, en retournant chez moi, Hanoï m’a fait son dernier cadeau: comme d’hab, je m’étais perdu, plus ou moins volontairement, après avoir refusé plusieurs Xe-Om, les motos-taxi qui me hélaient au bord de la route. Et je suis donc allé avec mon plan vers un groupe de gens pour qu’ils m’expliquent comment rentrer chez moi. Après avoir vu que je ne comprenais pas grand chose, un des gars m’a finalement reconduit sur sa moto Il ne voulait pas de mon argent. Sourire aux lèvres, j’ai été dormir une dernière fois à Hanoï.

 Un rêve?

Le lac Hoan-Kiem

Le lac Hoan-Kiem

Le lendemain, peu avant que je ne prenne le bus qui me mènerait à l’aéroport national de Hanoï depuis lequel j’allais rejoindre HCMC, je m’étais assis au lac Hoan Kiem, aussi appelé le lac de l’épée restituée. La légende racontait que le roi LE Loi se révolta contre les Chinois au 15ème siècle en utilisant une épée magique pour chasser les envahisseurs. Par la suite, il fondit une dynastie à son nom. Devenu empereur par après, il se vit subtiliser son épée magique par une tortue géante lors d’une balade autour du lac. L’animal légendaire lui fit savoir qu’il garderait l’épée jusqu’à ce que le pays en ait de nouveau besoin. Depuis ce jour, chaque apparition de la tortue est considérée comme annonciatrice de bonnes nouvelles. La dernière fois, c’était le 8 mars 2011…Quelle belle histoire. Mais pas de tortue en vue.

Une étudiante vietnamienne assez jeune me sortit de mon évasion. Elle tenait en main un carnet et un bic. Elle m’a salué en anglais et m’a tendu les deux objets en me demandant “Can you write your dream?” J’ai pris les objets et je l’ai regardée, un peu perdu. Voilà une question à laquelle il avait toujours été facile de répondre. Depuis que j’avais 15 ans, je voulais devenir réalisateur de films de fictions, suite à la vision du film allemand “Cours Lola, cours”. C’est pour ça que j’avais fait des études de cinéma. Pour cela que j’avais travaillé d’arrache-pied pendant 6 ans, pour ça que je m’étais mis dans tous mes états lors de la création de projets, pour cela que j’avais passé ces vacances d’été à travailler comme jamais… Et là, pour la première fois de ma vie, le carnet et le bic en main… je ne savais plus.

Rendez-vous au lit

J’ai donc écrit quelque chose d’assez approximatif. Un entre deux. Je serais curieux de savoir ce que c’était. Quelque chose entre raconter des histoires et faire du cinéma…

C’était déjà l’heure de rejoindre le bus, puis c’était l’heure de faire le check-in, puis c’était l’heure d’attendre mon avion. J’étais épuisé, j’avais été dormir tard. Je ne tenais plus, mais je devais écouter les annonces pour savoir si elles concernaient mon vol. Une jeune fille vietnamienne, assise à côté de moi, me voyant sortir de mon sommeil toutes les minutes, me proposa de me tenir informer quand les messages me concerneraient.

La gentillesse incarnée

La gentillesse incarnée

Elle s’appelait Tram, portait des lunettes et étudiait l’allemand, et c’était le genre de personne dont on voyait qu’elle était une bonne personne et qu’on pouvait lui faire confiance, presque tout de suite. Très serviable. Je l’ai invitée  en Belgique si jamais elle devait y aller et nous avons chacun pris place ailleurs dans l’avion. Arrivés à HCMC, on s’est dit au-revoir et j’ai pris le taxi vers le quartier touristique pour y trouver une chambre, tandis qu’elle a rejoint son papa qui la ramenait chez elle.

Cela aurait dû être une soirée spéciale car j’avais prévu de revoir une fille qui s’appelait Thanh Lan Nguyen que j’avais rencontrée il y a 11 ans, en Angleterre, et qui était la raison première pour laquelle j’étais venu au Vietnam, 6 ans plus tôt. On n’était pas spécialement super proches, mais tant que j’étais là, autant lui dire bonjour. Il y a deux ans, elle avait choisi de venir en Belgique au moment précis où j’étais en Afrique et je voulais éviter qu’on se loupe à nouveau. Mais Thanh Lan, travaillant dans les trucs économiques ou marketing, avait un nouveau boulot et elle reculait toujours l’heure à laquelle on devait se voir ce jour-là. Je craignais le pire. Elle finit par annuler quand je rallumai mon téléphone à l’aéroport.

Un peu déçu, j’ai donc cherché une chambre pour la nuit. Je me suis laissé séduire par un dortoir avec des gens de nationalités différentes mais c’était une des pires nuits que j’ai passées là-bas, parce que deux voyageurs hollandais se cassaient vers 3-4 heures du mat et que toute la nuit jusqu’à  ce moment-là, les boites de nuits dans la rue voisine meublaient le silence.

Dernières heures

Ho-Chi-Minh ville, quartier de Pham Ngu Lao

Ho-Chi-Minh ville, quartier de Pham Ngu Lao

La tête complètement dans le cul, j’ai fait mon check-out, oubliant au passage mon passeport, et j’ai entamé la recherche d’un endroit mieux et moins cher. Mon guide m’invitait à aller très loin avec mon gros sac. Par hasard, je suis finalement arrivé devant l’hôtel que j’avais pris il y a 6 ans… Mais il était occupé. J’ai donc été chez le voisin qui m’a fait la chambre à 8 dollar. Après avoir récupéré mon passeport dans l’autre dortoir, j’ai retrouvé Vinh au café-ciné “Bobby Brewers” et on a fait tout l’administratif: échanges des photos numériques, échange d’affaires, elle m’a confié un cadeau pour ma maman en ajoutant “I have to meet her” et j’ai écrit sur une feuille de mon cahier

"30/10/13 Putain, fait chier. Je suis super triste de partir."

Le soir, on a retrouvé Bao et Van (Doan était malade) pour un repas plein de trucs que je pouvais pas manger. Après, Vinh et moi, on a fini la soirée sur une terrasse sur le toit d’un immeuble. On s’est dit ce qu’on avait encore à se dire. Elle m’a ramené chez moi sur sa moto, la même qu’il y a 6 ans, après quoi j’ai très bien dormi.

Vers 9 heures du matin, Vinh m’a dit au-revoir à l’aéroport.

Et je suis parti.

Un retour froid

Retour au purgatoire russe…

Une réflexion sur “VN 5/5 : Voir Hanoï et revenir

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